Mot du Président

  • AFRICATIP - 25 ANS DE SUCCESS STORY -

L’élite africaine devrait récuser le piège du fatalisme du sous-développement. Il existe bel et bien en Afrique des initiatives de développement qui portent la promesse des fleurs et prospèrent harmonieusement. Certes, quelques mentalités et pesanteurs socio-administratives s’érigent bien souvent en freins, mais ne dit-on pas aussi que « le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions » ?

Aux lendemains de la crise économique des années 80 en Afrique et face aux résultats mitigés des programmes d’ajustement structurel, plusieurs outils novateurs de développement ont émergé. Les premières Agences d’Exécution des Travaux d’Intérêt Public (AGETIPs) ont été créées dans cette dynamique avec l’appui des Etats et des partenaires techniques et financiers (notamment la Banque Mondiale). Le but était de faire réaliser en faveur des populations, des projets de développement par des méthodes privilégiant l’utilisation intensive de la main-d’œuvre et devant générer une plus value économique et sociale.

Ainsi, le Sénégal créa l’AGETIP SENEGAL en 1989, le Bénin créa l’AGETUR en 1990, puis en 1992, l’AGDSD, devenue AGETIP, le Niger créa le NIGETIP en 1991, le Burkina Faso créa FASO BAARA en 1991, le Mali créa l’AGETIPE en 1992, puis l’AGETIER en 2001, la Mauritanie créa l’AMEXTIPE en 1992, puis l’ADU en 2001, la Gambie créa le GAMWORKS en 1993, le Madagascar créa l’AGETIPA en 1993, la Centrafrique créa l’ATRACOM en 1994, devenue l’AGETIPE CAF Le Togo créa l’AGETUR TOGO en 1994, la Guinée-Bissau créa l’AGEOPPE en 1995, la Côte d’Ivoire créa l’AGEROUTE en 2001, le Cap-Vert créa l’AGECABO en 1998, le Djibouti créa l’ADETIP en 1999, devenue l’ADDS en 2007 le Burundi créa l’ABUTIP en 2001, le Guinée créa l’AGETIPE GUINEE en 2000, et le Rwanda créa l’ASSETIP en 2005. Au total, de 1989 à 2005, vingt agences ont été créées dans dix-sept pays. C’est dire que l’expérience, au regard des résultats obtenus, s’est vite propagée dans toute l’Afrique.

La première grande réussite des AGETIPs est d’avoir introduit la notion de Maîtrise d’Ouvrage Déléguée (MOD) dans l’exécution des projets d’investissements publics et d’en avoir fait un nouveau métier crédible et reconnu auprès des administrations centrales, des collectivités locales et des bailleurs de fonds. L’avènement des AGETIPs a suscité une certaine confiance de la part des Etats qui demeurent à ce jour leurs plus gros bailleurs. Ainsi, partout en Afrique, les performances des AGETIPs ont favorisé des leviers de développement conséquents tels que : la naissance et la promotion de centaines de PME, un engouement généralisé des entreprises privées pour le secteur des BTP, l’éveil de la conscience urbaine (en ce que les AGETIPs ont offert aux villes, la latitude de se doter d’infrastructures et équipements (collecteurs primaires et secondaires, voies pavées, espaces verts, etc.) à travers la mise en œuvre efficiente de projets décentralisés, la création de structures de gestion technique dans les municipalités, des relations de confiance avec les partenaires au développement.

Aussi, au cours du sommet international « Villes et pauvreté » tenu à Cotonou en 1992, les Agences existantes à l’époque ont eu l’ingénieuse idée de fédérer leurs acquis à travers un réseau faîtier. C’est ce que l’on peut appeler « l’initiative de Cotonou » qui a été concrétisée à Ouagadougou en 1993 par la création de l’Association Africaine des Agences d’Exécution des Travaux d’Intérêt Public (AFRICATIP). L’objectif principal de l’Association est de mettre à la disposition des membres, un cadre de partage d’expériences et un outil de renforcement des capacités en matière de construction d’infrastructures en Afrique.

Ce dispositif d’échanges a permis de mettre au point progressivement des procédures standardisées de passation et d’exécution de marchés, de développer des outils de gestion harmonisés (logiciels), de concevoir des documents types simplifiés (DP, DAO, contrats et marchés), autant d’outils jugés performants pour les Etats et les partenaires techniques et financiers.

Globalement, les projets financés sur ressources extérieures, dont les AGETIPs ont assuré la mise en œuvre en qualité d’agence d’exécution ou de maître d’ouvrage délégué, sont crédités de taux de décaissement satisfaisants, ce qui permet d’augmenter la capacité d’absorption des ressources. Il importe également de signaler que ces financements pour la plupart n’auraient pas été octroyés si les bailleurs n’avaient pas l’assurance qu’ils serviraient de façon efficiente aux objectifs assignés à travers l’interaction concluante des Agences de MOD.

Au plan interne, les maîtres d’ouvrages publics (administrations et collectivités locales) qui délèguent directement aux AGETIPs la mise en œuvre de projets financés sur ressources propres, améliorent sensiblement leur taux d’exécution budgétaire. C’est ici le lieu de leur dire toute la reconnaissance de l’AFRICATIP pour s’être approprié l’outil de développement que constituent les Agences d’exécution. Au 31 décembre 2017, le volume d’investissements des AGETIPs s’élève à plus de neuf milliards de dollars US.

Le fonctionnement des AGETIPs, qui doit ses succès notamment à la transparence des procédures utilisées et à l’efficacité des mécanismes de mise en œuvre, a démontré que le maître d’ouvrage délégué demeure un acteur clé dans la conduite de la commande publique.

En somme, le réseau AFRICATIP, c’est le savoir-faire 100% africain par des cadres africains de haut niveau, formés dans de grandes écoles africaines, européennes et américaines. Toutefois, en cas de nécessité, dans un esprit d’ouverture et de culture de la gestion axée sur les résultats, ces bâtisseurs africains n’hésitent pas à recourir à des expertises internationales.

Déjà 24 ans que cette expérience prospère mais non sans difficultés, à l’instar de toute entreprise humaine. Les AGETIPs en général déplorent des problèmes tels que : la mauvaise performance des prestataires (entreprises, bureaux d’études et de contrôle) ; les chantiers en souffrance pour défaut de ressources dans le cas des projets financés par le budget national ou nécessitant une contrepartie de l’Etat ; la réticence de certaines structures administratives à recourir à la délégation de maîtrise d’ouvrage pour l’exécution des projets ; les cas d’incompatibilité entre certaines dispositions du code de passation des marchés publics et les procédures de gestion des projets en MOD ; la mise en concurrence dans certains pays d’Agences d’exécution ayant des statuts différents (Société Anonyme et ONG par exemple).

Pour marquer la majorité absolue du réseau AFRICATIP, le bureau exécutif dont j’ai l’honneur d’assurer la présidence a décidé de mener des actions visant à terme, la consolidation des acquis et le déploiement des stratégies de développement de l’Association. Au cours du mandat 2016-2018, l’accent sera mis notamment sur : la bonne gouvernance, le développement stratégique de toutes les Agences membres, le renforcement des capacités des Agences et des partenaires (entreprises, bureaux d’études et autres), le renforcement du partenariat avec les Etats et les Bailleurs de fonds tels que la Banque Mondiale, l’Union européenne, l’AFD, la BAD, la BID, la BOAD, l’UEMOA, la KfW, la BIDC, l’UEMOA, etc., la mise au service de tous les partenaires, du savoir-faire du réseau dans le cadre de la réalisation de projets régionaux en vue de concrétiser l’ambition de devenir un outil d’intégration et de coopération inter africaine, l’ouverture du secteur à la concurrence par une législation claire et précise qui assurera la pérennisation de la MOD comme secteur viable en Afrique.

Mesdames, Messieurs, chers partenaires, ce site Web est l’un des canaux que nous avons choisi pour donner davantage de visibilité à l’AFRICATIP. Il servira d’outil de communication au sein du réseau et de cadre de partage avec les administrations publiques et décentralisées. Les appels d’offres des agences y seront publiés, ainsi que toutes autres informations utiles. Vos suggestions et contributions en vue de l’amélioration du secteur des BTP, à travers ce site Web, seront les bienvenues.

Halaoui MOMBOZA

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